Aller au contenu

Mai 68. Le drapeau rouge flotte sur la Sorbonne... Toute la société est ébranlée. L’Église ne l'est pas moins. C'est la crise de l'après-concile. Une bonne partie des mouvements d'action catholique (J.E.C., J.O.C, scoutisme...) bascule ainsi dans la politique et s'écartent de tout but surnaturel. Les fondements de la foi et de la pratique religieuse sont partout remis en cause.

Face à cette crise, qui touche en premier lieu les jeunes, certains décident de réagir. Le 20 avril 1970, il y a eu une première réunion et dès le 8 juin 1970, un étudiant et un ouvrier tapissier déposent à la préfecture de Paris les statuts d'une association qui s'intitule sans complexe : « Mouvement de Jeunesse Catholique de France ». Le MJCF est officiellement né.

En octobre, l'association sort sa revue « Savoir et Servir ». Le premier numéro présente déjà le Mouvement comme résolument missionnaire : « Le M.J.C.F. est tout d'abord un mouvement catholique qui s'adresse à tous, jeunes de 16 à 25 ans. Mouvement de laïcs, car il est dirigé par des laïcs, aidés, conseillés, soutenus sur le plan spirituel par des membres du clergé. Il est formé d'un certain nombre d'équipes d'amis travaillant ensemble et réalisant un approfondissement spirituel et par un enseignement doctrinal. Les équipes grandissent et se multiplient très naturellement par des liens de l'amitié.

Mais le fait marquant de cette première année d'existence, fut incontestablement le camp d'août qui expédia le MJCF en estafettes bondées d'une cinquantaine d'amateurs sur les routes de la Grèce. Premier camp épique : on raconte que la première estafette tomba en panne à Lagny-sur-Marne, la deuxième rendit l'âme à Nancy. Quant à la troisième, elle brûla sur place, à Thessalonique !

Un brin de folie a toujours soufflé au MJCF... La sainte folie d'une jeunesse qui a soif de la Vérité... De retour de ce périple, trois équipes se lancèrent sur Paris, et bientôt dans toute la France. Stages, camps d'hiver et d'été, retraites, campagnes d'information..., l'enthousiasme des premiers animateurs est débordant, à la mesure du zèle que peuvent avoir des convertis. Des grâces immenses de conversion et de vocation inondent en effet le MJCF dès le début.

Des camps de jeunes à l'étranger. Des équipes d'amis. Une ambiance saine, joyeuse et « pêchue », une spiritualité et une doctrine authentique. Une vie chrétienne militante, apostolique, conquérante. Le menu commence à faire recette... Mais, les difficultés et les épreuves ne manquèrent pas. Elles devaient permettre au Mouvement d'acquérir une maturité et surtout un approfondissement spirituel. Il fallait s'en remettre entièrement dans les mains de Dieu. Ce fut fait par la consécration solennelle du Mouvement au Sacré-Cœur de Jésus en 1976, suivie l'année suivante, de la Consécration au Cœur Douloureux et Immaculée de Marie.

En 1990, l'association a réalisé la mise en place de l’aumônerie nationale ainsi que la charte de l'animateur.

Encore aujourd'hui, le but missionnaire du MJCF (la formation d'une élite chrétienne), les moyens et l'esprit sont inchangés, à l'image de la devise du Mouvement : « Christus semper et ubique imperat. » (Le Christ règne toujours et partout).