La Très Sainte Vierge, en ces derniers temps que nous vivons, a donné une efficacité nouvelle à la récitation du Rosaire. De telle façon qu'il n'y a aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun de nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses ou bien des peuples et des nations il n'y a aucun problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint Rosaire. Avec le saint Rosaire nous nous sauverons, nous nous sanctifierons, nous consolerons Notre Seigneur et obtiendrons le salut de beaucoup d'âmes (Entretien de soeur Lucie, 26 décembre 1957).
Le Rosaire est composé de trois parties. Chacune s'appelle un chapelet.
Chaque chapelet se divise en cinq dizaines relatives à cinq mystères.

I. Je crois en Dieu le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre ; et en Jésus-Christ son Fils unique, Notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ; est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois au Saint Esprit ; à la communion des saints, à la remission des pèchés ; à la résurection de la chair ; à la vie éternelle. Ainsi soit-il.
II. Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour ; pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laissez pas succomber à la tentation ; mais délivrez-nous du mal. Ainsi soi-il.
III. je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jèsus le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.
IV. Gloire au Père, au Fils, et au Saint Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
V. Prière apprise par Notre-Dame aux trois enfants de Fatima :
Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer, et conduisez-nous toutes les âmes au Ciel, nous vous prions spécialement pour celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.
« JE SUIS NOTRE-DAME DU ROSAIRE. Je viens vous demander de dire tous les jours le chapelet et de changer de vie. » Notre-Dame à Fatima le 13 octobre 1917
« En considérant sérieusement et dévotement les vertus de Jésus-Christ dans les quinze mystères de sa vie, les fidèles confrères du Rosaire deviennent semblables à ce divin Maître, avec le secours de sa grâce et par l'intercession de la Sainte Vierge », écrit saint Louis-Marie Grignon de Montfort.
Le Rosaire est UNE MEDITATION, UNE CONTEMPLATION du mystère tenu caché aux siècles et aux générations, et maintenant manifesté aux saints de Dieu, mystère qui est le Christ, saint Paul aux Colossiens, 1,26-27. Pour pénétrer, un peu, ce mystère, Jésus nous a donné la Vierge Marie pour Mère et Maîtresse? Elle qui a livré aux évangélistes certains épisodes de la vie de Jésus-Christ connus d'elle seule, elle veut nous faire découvrir l'ensemble du mystère qu'elle a inimement vécu. Elle a confié à saint Luc sa méthode : Marie conservait toutes ces choses, les méditant dans son coeur, Luc 2,19. Le coeur, ici, n'est pas seulement l'affectivité, mais aussi les facultés mentales.
En égrenant le Rosaire, nous faisons, avec Marie et par elle, ce qu'elle a fait durant sa vie terrestre : repasser, ressasser, ruminer le mystère de Jésus en comparant ce qu'elle voyait et entendait avec les révélations antérieures qu'elle avati reçues ; et ainsi adorer les merveilles de Dieu.
Peu importent alors des distractions involontaires qu'on repousse doucement et patiemment, car ce qui compte, ce n'est pas la matérialité des formules, mais l'athmosphère de foi qu'elles provoquent et entretiennent. Il ne s'agit pas de réfléchir aux paroles de chaque Ave Maria, mais de communier par le coeur et par l'esprit à la grâce du mystère contemplé, aux sentiments de Jésus et de Marie tels que ce mystère les présente. Le Rosaire ainsi pratiqué n'est plus seulement une série d'Ave Maria pieusement récités, mais c'est Jésus lui-même revivant dans l'âme par l'action maternelle de Marie.
ECOLE D'ORAISON, le Rosaire développe trois grands mystères du salut : l'Incarnation, la Rédemption et la vie éternelle, et il donne ainsi la moëlle de la Sainte Ecriture, résumé par saint Paul : Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu, Mais il s'anéanti lui-même, prenant la condition d'esclave et devenant semblable aux hommes (mystères joyeux) ; s'étant comporté comme un homme, il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort et à la mort sur la Croix (mystères douloureux). Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au Nom de Jésus, s'agenouille au plus haut des Cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame de Jésus-Christ qu'il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (mystères glorieux), Philippiens 2,6-11.
Ecole d'oraison, le Rosaire est aussi une ECOLE DE SAINTETE.
Mystères joyeux : « Ces grands exemples de modération, d'humilité, de patience dans le travail, de bienvaillance envers le prochain, de conscience dans l'accomplissement des menus devoirs de la vie privée, on ne saurait les méditer ni se les graver ainsi, peu à peu, dans la mémoire sans qu'il en résulte insensiblement une salutaire transformation dans les pensées et les habitudes de vie. » Léon XIII

Mystères douloureux : « Quiconque contemplera, non pas seulement des yeux du corps, mais par la pensée, d'aussi grands exemples de force et de veru, comment ne brûlerait-il pas du désir de les imiter ? Que la terre se montre à lio couverte de malédictions et ne prodisant que des des ronces et des épines ; que son âme soit accablée de peines et d'angoisses, son corps miné par les maladies ; il n'y aura pas de souffrance, qu'elle lui vienne de la malveillance des hommes ou de la fureur des démons, pas de calamité privée ou publique dont sa patience ne finisse par triompher. » Léon XIII.

Mystères glorieux : « Une âme qui se livre à de telles considérations est forcément enflammée d'amour et répète ce mot d'un grand saint : que la terre me paraît vile quand je regarde le Ciel ! et se console à la pensée qu'une tribulation légère et momentanée nous fait gagner une éternité de gloire. (2 Cor 4,17)(...) ; ainsi seulement on peut former des caractères bien trempés et de grandes âmes. » Léon XIII.

Toute la vie de Jésus et de Marie est objet de contemplation et d'imitation. Dans la récitation privée spécialement, on peut choisir librement les mystères que l'on désire méditer (exemple de mystères joyeux : Immaculée Conception de Notre-Dame, Annonciation, Nativité, adoration des bergers puis des mages, fuite en Egypte,...). Mais pour la récitation en commun, il est recommandé de garder l'ordre traditionnel des mystères. On peut aussi, au sein d'un mystère particulier, considérer tel ou tel aspect (exemple pour l'Annonciation : l'Ange gabriel, la Sainte Trinité qui se révèle, Notre-Dame en prière, Notre-Dame et son humilité, Notre-Dame et sa prudence...).