Pourquoi se former ?
L’intelligence est la faculté humaine qui permet de penser, connaître, comprendre, dans une certaine mesure, le réel qui nous entoure. Seul l’homme est capable de former des idées abstraites, de poser des jugements, de faire des raisonnements. Comme l’œil est fait pour voir, l’intelligence est faite pour connaître. Et si cette intelligence n’est pas utilisée, entraînée, formée, elle s’atrophie, comme un œil qui, plongé dans l’obscurité, ne peut plus supporter la lumière du jour.
La deuxième faculté propre à l’homme est sa volonté. Celle-ci aime et poursuit les biens que lui propose l’intelligence. On voit tout de suite qu’une intelligence peu ou mal formée présentera à la volonté des biens superficiels ou apparents qui ne satisferont pas les aspirations de bonheur de tout être humain.
Pourquoi étudier et apprendre à penser ? D’abord donc pour faire usage de nos facultés raisonnables, qui nous font hommes, et pour atteindre un bonheur naturel.
Mais si cela est important dans l’ordre naturel, combien plus encore dans l’ordre surnaturel. En effet, la Foi n’est pas une émotion sentimentale ni une adhésion aveugle à des dogmes. C’est au contraire un acte de l’intelligence. Expliquons. La foi est une adhésion de notre intelligence au témoignage du Christ et de l’Eglise. L’intelligence juge de la compétence du témoin (Jésus-Christ) et de sa loyauté ainsi que de l’intelligibilité du message (les vérités révélées). Si l’intelligence ne peut pas comprendre ce qui la dépasse, elle n’y voit pas de contradictions et juge le témoin suffisamment compétent pour pouvoir lui faire confiance.
Comme dans l’ordre naturel, la Charité, qui est œuvre de volonté ne naît et ne grandit que si la Foi lui présente l’ « Objet » à aimer. D’où la nécessité de nourrir sa Foi par l’étude. « Qui est Dieu ?» était la question qui taraudait Saint Thomas d’Aquin toute sa vie. Et nous, quelle question nous tourmente ? Comment aimer Dieu, notre bonheur éternel si nous ne Le connaissons pas ? Comment faire notre salut si nous ne connaissons pas les moyens d’y parvenir ? Le saint Curé d’Ars disait : « Je crois qu’une personne qui n’entend pas la parole de Dieu comme il faut ne se sauvera pas ; elle ne saura pas ce qu’il faut faire pour cela. Mes enfants, je pense que le plus grand nombre de chrétiens qui se damnent, se damnent faute d’instruction. » L’ignorance voulue est coupable.
Plus un chrétien connaît et aime Dieu, plus il veut qu’Il soit aimé et connu. Mais « on ne donne que ce que l’on a ». Une chose est avoir lu ou compris une vérité, une autre est de la transmettre et de savoir l’expliquer, l’adapter. Une chose est de savoir ce qui est vrai, bon, bien, une autre est de faire de l’opinion une conviction par des arguments.
Sur quoi se former ?
On ne peut pas être formé sur tout mais il y a des priorités :
- les principes naturels de la vie qui ne sont plus si évidents aujourd’hui car attaqués des toutes parts (étudiés par la philosophie réaliste)
- les principes de la vie surnaturelle (enseignés par le catéchisme)
- les motifs de crédibilité qui encouragent l’intelligence à adhérer aux vérités de Foi (étudiés par l’apologétique)
« Travailler à bien penser, voilà le principe de la morale » disait Pascal. A sa suite, les membres du MJCF veulent se former pour vivre en chrétiens. Ils mettent en œuvre les moyens pour cela : étude personnelle, « topos », discussions, usage d’une bonne bibliothèque.