« L'homme est un animal intelligent ». Un animal, certes, mais intelligent, et ce n'est pas rien ! Entre l'homme des cavernes, et celui des gratte-ciel, quelle différence ! Et ce progrès, seul l'homme en a été capable ; le chien, le chat... n'ont pas, eux, changé de mode de vie. Ces facultés de raisonnement, de jugement, de conceptualisation, seul l'homme, parmi tous les êtres vivants, les possède, et c'est bien cela qui nous distingue des animaux : je peux faire autant de musculation que je le souhaite, je serai toujours moins fort que certains animaux, mais ces mêmes animaux, je vais réussir à les dominer par mon intelligence. Notre intelligence, est en quelque sorte notre « marque de fabrique », et quelle erreur de vouloir la négliger !
Actuellement, on ne peut que reconnaître que tout est fait pour que cette intelligence soit de moins en moins utilisée ; la « culture de masse », les publicités foisonnantes, l'omniprésence des médias,..., tout est là pour uniformiser les connaissances... et les modes de pensée : « Métro, boulot, dodo »... Voilà à quoi se résume la vie de beaucoup de personnes ! Un programme certes peu attrayant, mais surtout dans lequel la partie réservée à l'exercice de son intelligence est bien faible. Il suffit pour s'en convaincre de constater le massacre général de la langue (support de la pensée, faut-il le rappeler !) : le vocabulaire s'appauvrit, le « franglais » est partout, l'orthographe devient anarchique,... Il faut dire que la dissertation - exercice qui demande d'utiliser ses connaissances et d'organiser de manière rigoureuse sa pensée - n'est plus obligatoire au baccalauréat... De même, la désaffection pour les sciences atteint des proportions inquiétantes. Par contre, on passe pour un ringard obtus (dans le meilleur des cas) quand on ose avouer que Loftsory, Star Academy (ou autres émissions du même type quand celles-ci seront passées de mode) ne nous intéressent pas, et pire qu'elles sont abrutissantes et d'une nullité parfaite. Faire preuve d'esprit critique, quelle ineptie actuellement !
Et pourtant, force est d'affirmer que sans intelligence, sans volonté, l'homme est une simple portion de matière, sans aucun intérêt, qui cessera avec la mort. Si nous avons une intelligence, c'est bien pour nous demander pourquoi nous vivons ! A cette question, combien de jeunes répondent par le suicide, car la société ne leur apporte pas de réponses ! Ces grandes questions : « Qui suis-je ? », « Pourquoi suis-je ? », « Qu'est-ce que la mort ? »... tout le monde se les pose à un moment ou à un autre, et il faut bien dire qu'elles sont à la base de notre vie, vie que nous orienterons plus ou moins différemment en fonction des réponses apportées. Notre intelligence doit nous servir à comprendre le monde qui nous entoure, à faire preuve d'esprit critique et à nous poser les grandes questions sans lesquelles notre vie n'a pas de sens.
La première de ces grandes questions, c'est bien sûr de connaître le but de notre vie. Question bien simple à vrai dire : ce que tout un chacun recherche, c'est son bonheur, et celui-ci, le catholique sait où le trouver : non pas dans les plaisirs matériels, forcément passagers, mais en Dieu qui nous promet le bonheur éternel ... à condition de le vouloir. Jésus-Christ nous a prévenus : le Paradis à ceux qui L'aiment, l'Enfer à ceux qui L'ont méprisé, et aucune autre alternative ; autrement dit, le bonheur ou le malheur éternel, et c'est nous-mêmes qui choisissons, en fonction de l'amour que nous portons, ou non, à Dieu. Et pour aimer, il faut connaître. La formation, c'est un peu ce qu'a été la pierre à David : il a vaincu Goliath par une intervention divine, mais la pierre de la fronde a été l'instrument essentiel de sa victoire. De notre côté, nous sommes sauvés par la grâce de Dieu, mais il nous est nécessaire pour cela d'avoir les connaissances suffisantes pour assurer notre salut, et l'ignorance voulue est coupable. « Une personne instruite a toujours deux guides devant elle : le conseil et l'obéissance. Je crois qu'une personne qui n'entend pas la parole de Dieu comme il faut ne se sauvera pas ; elle ne saura pas ce qu'il faut faire pour cela. Mes enfants, je pense souvent que le plus grand nombre de chrétiens qui se damnent, se damnent faute d'instruction » prévenait déjà le Saint Curé d'Ars au XIXème siècle. Combien ses paroles sont plus d'actualité à notre époque, beaucoup moins chrétienne.
Et il est bien vrai qu'il est plus difficile de croire actuellement : la société est avant tout rationaliste, et elle refuse Dieu. Se reconnaître catholique, qui plus est pratiquant, c'est très souvent se faire passer pour un hurluberlu à moitié loufoque dans une société où une opinion quasi-unanime veut que la religion soit une affaire de bigots intolérants ou de doux rêveurs sympathiques. La foi catholique n'est pas basée sur des sentiments, sentiments susceptibles de disparaître dans n'importe laquelle des multiples tourmentes qui jalonnent notre existence. La foi n'est pas une conviction personnelle, elle serait alors bien absurde. La foi est une vertu bien plus solide que cela, et avec des fondements logiques et sains : on ne croit pas parce que l'on a envie de croire, on croit parce que l'on a des raisons de croire, raisons bien réelles, et non pas purement imaginatives. Ce sont ces raisons, pierres angulaires de la vie chrétienne, que nous devons connaître et comprendre, sans quoi nous sommes à la merci de l'athéisme ambiant.
Il est donc de notre devoir de nous instruire pour connaître les fondements de notre religion : « Allez, enseignez à toutes les nations », telles sont les dernières paroles de Jésus à ses disciples. Enseigner, car nous devons apprendre. Le catéchisme d'abord, qui nous présente les principales vérités de la foi catholique et qu'il est nécessaire de connaître et pratiquer pour pouvoir se sauver. La philosophie ensuite, car la connaissance des principes élémentaires de la raison sont indispensables pour bien penser. Il nous faut aussi ne pas négliger l'apologétique, pour défendre les vérités religieuses, souvent mises à mal aujourd'hui. Ceci pour nous-mêmes, car si une partie d'un édifice s'effondre, le reste ne tardera pas à suivre. Mais aussi pour la société : l'Eglise est en crise, ainsi que l'attestent la chute du nombre de pratiquants, la diminution de certaines croyances même chez les catholiques, le manque de prêtres... Si nous voulons être chrétiens, il nous faut donc aussi être apôtres, en sachant expliquer quelle est notre foi, pourquoi nous croyons, et ce à quoi cela nous engage.
Si bien employer son intelligence est une nécessité de part notre qualité d'homme, combien ce l'est plus encore par notre qualité de catholique. La société et l'Eglise traversent aujourd'hui une crise sans précédent, et nous ne pouvons plus compter comme par le passé sur l'aide d'autrui. Il est donc doublement de notre devoir de réagir en nous formant : pour nous-mêmes d'une part, car nous croyons en une vie après la mort et notre but premier est de nous sauver ; pour la société d'autre part, car vu son état de délabrement, elle a besoin d'une élite pour l'entraîner de nouveau dans le droit chemin.