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En expliquant cette loi, Notre-Seigneur a montré qu'elle renferme deux choses :
Cependant, l'homicide est permis dans certains cas :
Celui qui, involontairement et sans préméditation, donne la mort à quelqu'un, n'est pas coupable non plus. Sans préméditation, il y a cependant deux cas d'homicide coupable : si quelqu'un en vient à tuer en faisant une action injuste (ex : un criminel en fuite qui écrase un passant parce qu'il roule trop vite), et si on donne la mort par imprudence (ex : frapper une femme enceinte).
Mais la loi défend à tout le monde de tuer l'innocent. De même il est encore défendu de contribuer à un meurtre, de quelque manière que ce soit.
Bien plus, ce commandement défend de se tuer soi-même, car l'homme n'est pas le maître de sa vie. L'Eglise punit le suicide par la privation de sépulture ecclésiastique. Ainsi le duel est interdit, car il comporte le risque du suicide et de l'homicide.
Cette loi nous défend aussi toute atteinte au corps du prochain par coups et blessures.
La loi étant aussi spirituelle, ce précepte défend de nuire à l'âme du prochain par le scandale, et de nous mettre en colère, selon le mot de l'Evangile : « Quiconque se met en colère contre son frère, sera condamné par le jugement. » (Mt 5, 22)
Enfin, ce 5ème commandement nous ordonne de vivre en paix avec tout le monde, c'est-à-dire que notre charité doit s'étendre à tous les hommes sans exception. Or la charité est patiente et bienfaisante. La bonté est la vertu exercée contre la haine, qui est contraire à la charité. Les actes de bienfaisance, très beaux et méritoires par eux-mêmes, le deviennent davantage, lorsque nous les exerçons envers nos ennemis, selon le précepte du Sauveur : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. » (Mt 5, 44)
Le devoir qui l'emporte, pour l'observation de ce précepte, est celui de remettre et de pardonner les injures qu'on nous a faites (d'où l'interdiction du duel). Ainsi la vengeance est à bannir de toute vie chrétienne, et le meilleur exemple est celui de Notre-Seigneur qui, cloué à la Croix, laisse échapper cette prière pleine de charité : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. » (Lc 23, 34)